Publié dans Economie

Rémy Hubert - « Volobe peut faire basculer la JIRAMA du bon côté »

Publié le mardi, 25 mars 2025
Rémy Huber, directeur général de la Compagnie générale d'hydroélectricité de Volobe (CGHV) Rémy Huber, directeur général de la Compagnie générale d'hydroélectricité de Volobe (CGHV) Crédit photo : fournie

C’est connu, le secteur énergétique et la JIRAMA en particulier traversent une phase critique, entre réformes et espoirs. Au cœur de cette dynamique, le projet hydroélectrique de Volobe se profile comme un remède salvateur, mais sa simple mise en œuvre ne suffira pas à résoudre l'ensemble des problèmes structurels de la société d'Etat. C’est dans ce contexte que Rémy Huber, directeur général de la Compagnie générale d'hydroélectricité de Volobe (CGHV) a présenté les grandes lignes des avancements du projet à Ambohimanarina en début de semaine. Pour rappel, le projet Volobe est conçu pour injecter 750 GWh par an dans le réseau national. Cela représente environ 35 % de la consommation électrique actuelle de Madagascar. Ce surcroît d'énergie, à un coût inférieur à celui de la production actuelle, pourrait alléger la pression financière de la JIRAMA, très dépendante des centrales thermiques coûteuses et polluantes fonctionnant au diesel.  Autant dire que « Volobe peut faire basculer la JIRAMA du bon côté », d’après le DG de la CGHV. Cependant, le véritable enjeu réside dans la capacité de la JIRAMA à honorer ses engagements financiers. L'entreprise, en proie à des difficultés de gestion et à des dettes colossales, est sous l'œil vigilant des bailleurs de fonds et prêteurs, qui conditionnent leur soutien à la viabilité du projet Volobe, mais aussi à la santé financière de l'entreprise. Comme l'a expliqué Rémy Huber, « les prêteurs vont vérifier que les réformes en cours permettront à la JIRAMA de se reconstruire ». 

Questionnement

La JIRAMA pourrait-elle acheter l'électricité produite sans s'enfoncer davantage dans les difficultés financières ? Autant de points sur lesquels il faut encore répondre. Ainsi, le projet Volobe ne peut donc être perçu comme une solution magique. Bien qu'il promette de réduire les coûts de production et d'améliorer la stabilité de l'approvisionnement électrique, il s'intègre dans un ensemble plus large de réformes structurelles. En parallèle, le Gouvernement a initié d'autres projets, tels que le programme DECIME, visant à restructurer le secteur de l'électricité par l'introduction de solutions numériques et photovoltaïques. Ces initiatives visent à inverser la tendance actuelle, où la JIRAMA peine à satisfaire la demande nationale tout en accumulant les déficits. Le projet Volobe, bien qu’ambitieux, soulève également des questions sociales et environnementales. L'impact sur les populations locales, notamment les indemnisations et les mesures compensatoires pour les terres affectées, reste un sujet de débat. Par ailleurs, l'optimisme affiché par les porteurs du projet ne doit pas occulter la réalité. En effet, la JIRAMA, malgré les promesses de restructuration, est encore loin de sortir la tête de l'eau. En définitive, si Volobe pourrait apporter un souffle nouveau à la JIRAMA, la survie de l'entreprise passera par une combinaison de réformes, de financements et d'une gestion rigoureuse. Une tâche titanesque pour une société qui, jusqu'ici, semble surtout s'enfoncer dans ses propres dysfonctionnements.

 

 

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Editorial

  • Dignité et honneur en jeu !
    Dans moins d’un mois, Madagasikara sera le théâtre d’un rendez-vous de notoriété internationale. Dix ans après le sommet de Moroni en 2014, la Grande île accueillera, le 25 avril 2025, le Vème sommet de la Commission de l’océan Indien (COI) dont le thème principal portera sur « la sécurité et la souveraineté alimentaire pour le développement du marché de l’indianocéanie ». Un défi crucial pour les cinq îles sœurs, Madagasikara, la Réunion (France), les Comores, les Seychelles et Maurice, de l’océan Indien ! Le cas de Mayotte reste un « sujet fâcheux » ! Notons qu’en 2014, Madagasikara vient tout juste de sortir du long tunnel issu de la crise de 2009. A l’époque le pays, étant banni du Concert des Nations, se trouvait sur la pelouse étant indésirable des rencontres internationales. Mais après le retour à l’ordre constitutionnel et au respect de la démocratie, la Grande île intègre la…

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